[01:18.299]J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans,[01:29.844]Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,[01:38.919]Cache moins de secrets que mon triste cerveau,[01:49.501]C'est une pyramide, un immense caveau,[01:58.304]Qui contient plus de morts que la fosse commune,[02:09.572]Je suis un cimetière abhorré de la lune,[02:18.148]Où comme des remords se traînent de longs vers,[02:28.032]Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers,[02:37.095]Je suis un vieux boudoir plein des roses fanées,[02:48.683]Où gît tout un fouillis de modes surannées,[03:55.190]Rien n'égale en longueur les boiteuses journées,[04:05.311]Quand sous les lourds flacons des neigeuses années,[04:14.400]L'ennui fruit de la morne incuriosité,[04:26.521]Prend les proportions de l'immortalité,[04:34.626]Désormais tu n'es plus ô matière vivante,[04:45.673]Oublié sur la carte et dont l'humeur farouche,[04:54.397]Ne chante qu'aux rayons du soleil qui se couche,[05:26.075]Je suis un cimetière abhorré de la lune,[05:33.265]